Ecole du Quotidien

 

Ecole du Quotidien : 

Institution sur Bruxelles qui s'est occupée d'enfants autistes et psychotiques.

 

 

ECOLE DU QUOTIDIEN

ECOLE DE PAROLE

POUR L’ENFANT DU SILENCE

 

Mieux cerner la psychose infantile

 

 

Article paru au Soir le 17.07.1990

 

 

Un centre expérimental de plus ? Non, une volonté d’approche et de compréhension différentes d’un phénomène, le plus souvent de rejet ou d’isolement, pour une catégorie d’enfants, par le milieu social « traditionnel ». L’enfant considéré comme psychotique est certes un pôle d’attention particulier, mais toujours dévié des champs traditionnels de l’action pédagogique et thérapeutique : un cas à part, médicalisé, psychologisé, sans autre solution que d’évoluer en parallèle à la société, et surtout en milieu de plus en plus fermé.

Pourtant, tout enfant, même considéré comme hors normes d’intégration sociale, a droit aux chances globales d’insertion de tous les enfants, et à ne pas être systématiquement orienté vers une approche purement clinique, ou pédagogique « spéciale » de son trouble. Une telle attitude ne peut en effet qu’encourager la tendance à l’isolement, à la fermeture au monde, que présentent déjà ces enfants perturbés.

C’est l’approche délibérée qu’ont choisie les initiateurs de l’Ecole du Quotidien, une expérience d’enseignement pour enfants prépsychotiques, psychotiques et autistes. Eviter l’exclusion délibérée des petits présentant des troubles d’adaptation au groupe, exclusion qui de l’aveu même des médecins spécialisés dans le domaine n’est peut-être pas une solution thérapeutique idéale, même si pratiquement elle est plus accessible.

Le but de l’Ecole du Quotidien est donc de permettre aux enfants en difficulté psychologique de trouver, via la scolarité, le même accès que les autres au tissu social, aux liens affectifs, à l’émulation de leur réflexion, à l’apprentissage de la vie, principalement par la fonction de la parole, outil fondamental de la connaissance.

Mais la démarche, pour originale qu’elle soit, ne se veut pas un « champ d’expériences » éclaté, sans ligne de conduite, frappant aux portes du hasard et de l’empirisme. Au contraire. Elle vise à contribuer avant tout à une théorie plus précise et rigoureuse des troubles psychotiques chez l’enfant, et des possibilités réelles d’insertion des enfants dans le milieu social.

Jusqu’ici, l’approche des enfants et de leur traitement a toujours été partagée entre les tenants de l’origine organique des psychoses infantiles ou de leur source psychogénétique, sans que jamais une démarche précise et globale puisse être vraiment dégagée.

L’Ecole du Quotidien veut donc apporter sa pierre à l’édifice d’une plus grand justice dans l’approche de l’enfance psychotique et troublée, sans la limiter à un traitement médical ou purement psychothérapeutique, et en voulant vérifier sur le terrain de la communication ( ui intègre autant les notions d’environnement de mobilité dans l’espace que de pédagogie) les positions, recherches et réflexions réalisées et développées par les différents intervenants concernés.

Toute la démarche se fonde donc sur l’apprentissage de la parole, et le droit à celle-ci, droit qui ne se limite d’ailleurs pas au travail avec les enfants (qui ont entre 2 et 12 ans ), mais inclut également un temps de « halte » pour les parents. Deux fois par semaine, ceux-ci peuvent, avec les pédagogues du centre ( psychiatres, psychologues, psychomotriciens et spécialistes du langage) faire le point en entretiens individualisés sur le comportement de l’enfant, ses progrès et ses difficultés, ceci afin d’intégrer au maximum la famille au travail d’intégration social entrepris, et l’analyse permanente de celui-ci.

Cette analyse sert d’ailleurs à l’élaboration d’un bilan régulier, toujours dans le but de donner un instrument de travail et de réflexion approfondie sur le problème de la psychose infantile et contribuer peut-être à une évolution dans ce domaine.

 

                                                                                                          Ch. SI.

 

Présentation de l’Ecole du Quotidien par François Pouppez

 

 

 

 

L'Ecole du Quotidien a été créée en septembre 1987 par Janine Dansette et Jean-Paul Gilson. Elle accueille une douzaine d'enfants écartés par leur difficultés de l'école maternelle ou primaire.

Il s'agit d'enfants pour qui la possibilité d'entrer et de se maintenir dans un lien social est sévèrement compromise en raison de troubles autistiques, psychotiques ou névrotiques graves.

L'objectif de L'Ecole du Quotidien n'est pas de les adapter à la société mais bien d'essayer de nouer un lien social avec eux, d'accéder avec eux à l'échange symbolique.

Ce n'est pas l'enfant qui est mis au travail, c'est le savoir comme lieu de l'échange.

L'enfant autiste ou psychotique, lui, ne peut pas travailler, parce que pour lui le savoir ne travaille pas, ce n'est pas un lieu d'échange.

Pour lui, le savoir se réduit à quelque chose de gelé. Il dérive comme les blocs de glace arrachés à la banquise, comme les pièces d'un puzzle à la surface de l'eau.

  Mettre ce savoir au travail, c'est notre visée ici à L'Ecole du Quotidien.

  Mettre ce savoir au travail c'est le retrouver à l'état naissant, dans sa dimension de surprise.         

C'est dans la mesure où quelque chose, dans la façon dont l'enfant se laisse

prendre au jeu de ce que nous lui proposons, vient nous surprendre, comme un savoir insu qui se découvre en retour de notre entrée dans ce jeu, que l'enfant se trouve en position d'énoncer un désir.

Un lien social, un discours se tisse pour chaque enfant en particulier à partir de ces moments de surprise qui s'enchaînent, qui se mettent en série.

C'est par la mise en série des surprises que la dimension du temps s'inscrit dans l'existence de ces enfants.

C'est ce temps de la surprise, de l'acte qui, comme tiers terme, comme réel, va venir nouer dans sa mise en série le langage et le corps.

Sans cette disponibilité à la surprises nous ne pourrions tout simplement pas supporter la présence de ces enfants tant leurs attitudes s'écartent de nos habitudes.

Cette disponibilité à la surprise comporte que nous renoncions au l'idéal d'adaptatif qui anime en général les pratiques sociales ou éducatives.

Ca ne veut pas dire que nous renoncions à toute loi, à commencer par la Loi du langage dont nos langues maternelles et nos mathématiques portent la trace.

Au contraire, il de s'orienter plus ferme que jamais sur cette Loi mais pour autant que nous lui reconnaissions sa fonction régulatrice dans la parole. Pour ces enfants l'école est bien un lieu de parole, c'est à dire avant tout un jeu mais qui, comme tout jeu, comporte des règles.

 

François Pouppez.

 

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